Des scènes de terreur

On n'a jamais su exactement combien de personnes avaient péri

Il est facile d'expliquer scientifiquement ce qu'est une tempête de feu : des multiples incendies naît un échauffement des masses d'air supérieures remplacées rapidement par des masses d'air plus frais, qui accroissent alors l'intensité des foyers ; et le cycle infernal recommence ; la chaleur devient de plus en plus intolérable sous l'action de la violence décuplée du vent à ras de terre.
C'est ce qui se produisit à Hambourg. En certains endroits, la température dépassa 1 100° et la vitesse des courants froids au sol atteignit 250 kilomètres à l'heure — deux fois plus que celle des plus terribles ouragans. Le vent, aspiré par les plus gros foyers, attisait les autres au passage, augmentant le phénomène pour ne constituer bientôt qu'un seul foyer gigantesque. Six kilomètres de long sur quatre de large, c'est-à-dire 24 kilomètres carrés, furent ainsi la proie des flammes !...
Le général Kehrl, chef de la défense civile de Hambourg, écrivit plus tard : Les scènes de terreur qui se produisirent dans la zone soumise à la tempête de feu ne peuvent se décrire. Des enfants furent arrachés aux bras de leurs parents par la force de l'ouragan et entraînés dans le feu par les tourbillons. Des gens qui espéraient être sauvés s'abattaient brusquement, tués sur le coup par la chaleur. Les rescapés devaient enjamber les morts et les mourants ; les malades, les impotents, les infirmes devaient être abandonnés par les sauveteurs qui avaient le plus grand mal à se sauver eux-mêmes...
Le jour suivant, le gauleiter (gouverneur de la province) Kaufmann, lança un appel à tous ceux dont la présence à Hambourg n'était pas indispensable, les incitant à partir. Il ne fut pas nécessaire de renouveler l'appel. Entre l'aube et le crépuscule, près d'un million de personnes quittèrent la ville.
Les bombardiers revinrent le 30 juillet et, le 2 août, renouvelèrent leur attaque.
On n'a jamais su exactement combien de personnes avaient péri ; mais, de bonne source, on avance le nombre de 50 000. A titre de comparaison, les Anglais avaient eu, du fait des bombardements allemands, entre le début de la guerre et juillet 1943, 51 000 morts civils.
bombardement de Hambourg en 1943
terreur sur Hambourg en 1943
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