Un nouveau système de défense

Et les pertes britanniques augmentèrent.

Les Allemands, à la suite de cet échec, devaient abandonner la tactique suivie par les chasseurs de nuit. Le système de guidage au sol dont le général Kammhuber était l'initiateur, fut abandonné ; à sa place, la Luftwaffe mit en oeuvre deux nouvelles méthodes appelées conventionnellement « Sanglier » (Wilde Sau) et « Verrat » (Zahme Sau). Kammhuber lui-même fut simplement limogé et remplacé par le général Schmid.
Dans la méthode « Sanglier », les chasseurs de nuit se concentraient au-dessus de la zone menacée elle-même. Les projecteurs, la lueur des explosions, les marqueurs lâchés par les bombardiers orienteurs éclairaient le ciel. Sur cette zone illuminée, la silhouette des bombardiers se détachait nettement. Les chasseurs allemands se ruaient alors à l'attaque à vue ; ainsi, il n'était plus nécessaire d'utiliser des chasseurs biplaces équipés de radars et les windows perdaient, de ce fait, toute efficacité.
Placées sous les ordres du major Herrmann, l'inventeur du système, des unités de chasseurs de nuit se formèrent, équipées de chasseurs de jour Messerschmitt Bf-109 et de Focke-Wulf FW-190.
Les chasseurs biplaces équipés de radars pouvaient également être engagés dans ces combats « Sanglier », mais, pour utiliser leurs possibilités au maximum, le colonel von Lossberg mit au point le système qu'on baptisa « Verrat ». Les stations de radar brouillées dirigeaient les chasseurs vers les zones où la densité en windows était le plus grande et les chasseurs cherchaient leur proie à la vue. Lossberg espérait que, lorsque les chasseurs auraient réussi à se faufiler dans le flot des bombardiers, ils pourraient livrer des combats qui se poursuivraient pendant tout le temps que les bombardiers survoleraient l'Europe occupée. Bien entendu, les deux méthodes exigeaient des informations précises et continuelles sur les positions des bombardiers ; mais, si le réseau de radars était dense et efficace le long de l'ancienne ligne Himmelbett, ailleurs, sur l'Allemagne, les radars étaient plus rares et plus dispersés. Les transmissions de la Luftwaffe se hâtèrent de redistribuer les radars mais il fallait, en attendant, trouver un moyen pour suivre avec précision le flot des bombardiers ; la solution fut fournie aux Allemands par les assaillants eux-mêmes.
Pour trouver leurs objectifs, les équipages des avions orienteurs de la R.A.F. utilisaient un radar extrêmement perfectionné pour l'époque, le H 2 S, qui explorait la zone que survolait l'avion. Les transmissions allemandes utilisèrent cette particularité en établissant une chaîne de goniomètres au sol, les Naxburg et les Korf u, qui permettaient de suivre avec précision les émissions des radars H 2 S. Comme les orienteurs se trouvaient obligatoirement à la tête des formations des bombardiers assaillants, ce système permettait de suivre le raid, du décollage à l'atterrissage.
Vers la fin de l'été de 1943, les pilotes allemands se familiarisèrent graduellement avec la nouvelle méthode et les pertes britanniques augmentèrent.
chasseur de nuit allemand en 1944
pilote de chasseur de nuit de la luftwafe
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