Des milliers de bombes sur Hambourg en 1943

La ville ne demandait qu'à brûler...

hambourg sous les bombes en 1943
Les pathfinders, les premiers, pointèrent au radar de bord, avec précision, des fusées jaunes qui jalonnèrent l'objectif ; une deuxième vague précisa la zone à bombarder avec des fusées rouges ; enfin, d'autres appareils entretinrent la visibilité des marqueurs à l'aide de fusées vertes qu'ils lâchaient à intervalles réguliers.
C'est sur ces marqueurs, finalement, que les vagues successives de bombardiers lâchèrent leur cargaison : les énormes bombes de 3 600 kilos et les blockbusters (souffleurs de pâtés de maisons) de 1 800 kilos par vingtaines, les bombes de 450 kilos par milliers et une véritable pluie de bombes incendiaires de 2 kilos.
En général, les équipages ne pouvaient observer que l'éclair de l'explosion des bombes et les feux vacillants allumés par les incendiaires. Mais ce jour-là, à 1 h 10, ce n'était plus qu'une seule explosion qui illuminait le ciel à des kilomètres à la ronde.
Après avoir lâché leurs bombes, les équipages faisaient route au sud pendant six minutes pour se dégager de l'objectif, puis tournaient vers le nord-ouest et regagnaient leur base en suivant une route parallèle à celle qu'ils avaient suivie à l'aller. Pour eux, aucun doute : ce « truc du window » avait bien marché. En fait, l'opération avait coûté douze avions seulement (1,5 '70). Si les pertes avaient atteint les 6 % habituels, c'est presque cinquante bombardiers qui ne seraient pas rentrés. Une trentaine d'avions avaient donc été épargnés grâce au largage de quarante tonnes de windows, soit quatre-vingt-douze millions de bandelettes d'aluminium !...
Mais l'Air Chief Marshal Harris avait déjà précisé que « la bataille de Hambourg ne serait pas gagnée en une seule nuit ». Il avait estimé à 10 000 tonnes le poids des bombes à larguer pour obtenir la destruction complète recherchée. Pour que l'effet maximum à attendre du bombardement fût atteint, la ville devait être soumise à une attaque continue.
Aussi la R.A.F. lança-t-elle une nouvelle attaque dès le surlendemain, 28 juillet, à 0 h 57. Les 722 bombardiers engagés survolèrent la ville du nord-ouest au sud-est cette fois, et à 1 h 12, les équipages effectuant leur passage observèrent sous eux comme une mer de flammes couvrant tout le quartier nord-est de la ville. Dans cet enfer, les bombardiers lâchèrent encore des milliers de bombes incendiaires ou explosives.
Pendant tout le mois de juillet, il n'était pas tombé à Hambourg plus de cinq centimètres de pluie et le jour précédent avait été particulièrement torride. La ville ne demandait qu'à brûler. Sous la chute précise de bombes incendiaires, les flammes firent bientôt rage. Les conduites d'eau coupées par les bombes, le P.C. de la défense civile détruit lors du raid précédent, il était impossible de lutter contre la fournaise.
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