Attaques et contre attaques

Une partie des forces japonaises pénétra à l'intérieur des lignes américaines

Des tonnes de sable devant les embrasures
Le 22 novembre au matin, le général Smith débarqua pour prendre personnellement le commandement, sur place, des opérations. Les combats avaient déjà repris sur tout l'ensemble de ce front extrêmement fluide et, à l'ouest, il y eut du nouveau ; en effet, le bataillon 1/6 entama une nouvelle forme de progression en utilisant les quelques bulldozers destinés initialement à tracer des routes pour l'acheminement du matériel roulant.
Ses trois chars Sherman prirent position autour du blockhaus à réduire, firent feu pour museler les armes nippones et les marines entretinrent un tir continu de mitrailleuses tandis que deux bulldozers repoussaient, à l'aide de leur grande pelle-bouclier frontale, des masses de sable devant les embrasures de l'ouvrage, aveu­glant et asphyxiant ses occupants. Ce système fut généralisé et réduisit considérablement le temps consacré à chaque blockhaus nippon.
A 11 heures, des marines firent leur jonction avec ceux de Carlson du sud de l'aérodrome, tandis que d'autres, qui avaient enfin dépassé le super-blockhaus de Shibasaki, allaient bientôt les rejoindre.
Cette attaque du grand ouvrage bétonné mérite d'ailleurs qu'on s'y arrête. A 9 h 30, les mortiers de 81 mm des marines étaient entrés en action, pilonnant sans relâche e système défensif du blockhaus japonais, puis, subitement, un des obus dut toucher une soute à munitions ou entrer, par hasard, dans un conduit d'aération, car il y eut une très violente explosion qui déchiqueta une partie de l'ouvrage principal.
Ce fut alors que les bulldozers accumulèrent des tonnes de sable contre les embrasures et les issues. Les marines, restés au sommet de l'édifice, firent couler de l'essence par les conduits (l'aération et laissèrent tomber des grenades. Il y eut de sourdes explosions internes et l'on entendit des cris malgré le tumulte de la bataille. A l'intérieur, 200 Japonais, dont l'amiral Shibasaki, périrent.
La contre attaque
Les marines venaient à peine de finir de se restaurer, lorsque les Japonais commencèrent ce qu'ils n'avaient pas encore tenté jusque-là : contre-attaquer. A 19 h 30, une soixantaine de soldats nippons firent brusquement irruption dans les lignes américaines et parvinrent à s'infiltrer entre deux retranchements. Le bataillon 111/6, nouvellement débarqué et qui devait monter en ligne le lendemain à l'aube, fut alors mis en route en raison de la situation.
Les marines, en bordure de l'aérodrome, se remettaient à peine de ce premier et furieux combat quand, à 23 h 30, les Japonais lancèrent une nouvelle attaque d'une centaine d'hommes. Ce fut une charge Banzaï classique ; les soldats du mikado hurlèrent et tiraillèrent en tous sens, sans doute pour effrayer ces « pleutres » d'Américains.
Le choc fut rude et une partie des forces japonaises pénétra à l'intérieur des lignes américaines, semant la mort et un début de panique. Certains assaillants faisaient mine de tomber, puis rampaient silencieusement, n'éveillant pas les soupçons, et se glissaient dans les trous des Américains, poignardant leurs occupants ou se faisant sauter avec eux en lançant à bout portant une grenade.
A 4 heures, le 23 novembre donc, une nouvelle ruée commença : environ 300 Japonais se lancèrent, une troisième fois, à l'attaque des positions américaines. Les marines étaient épuisés et les premiers postes furent débordés. La bataille dura cependant une heure et, vers 5 heures, presque tous les Japonais avaient été abattus
marines à Tarawa
prisonnier japonais à Tarawa
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