Préparatifs de réception des néo-Zélandais

Les néo-Zélandais ne possèdent, en moyenne, qu'une pelle par compagnie

En Crète, le général néo-zélandais Freyberg accélère autant qu'il le peut les travaux défensifs. Mais il y a pénurie d'outils. Les néo-Zélandais ne possèdent, en moyenne, qu'une pelle par compagnie. Dans un rapport adressé par le lieutenant de vaisseau Sutton, qui procède à l'aménagement de Malème, cet officier relate comme un prodige le fait d'avoir découvert soixante pioches et soixante pelles dans une ferme.
Les barbelés manquent, et surtout les piqets pour les mettre en place. Peu de mines terrestres pour les placer en avant. les citadins crétois, sinon les paysans, plus lendurcis, n'acceptent de travailler aux fortifications qu'en rechignant.
)ans un rapport qu'il adresse à Wavell, qui commande au Caire, le général Vasey commandant des Australiens, signale que ses hommes ont besoin de médicaments, de capotes, de bâches.
Ils vivent sur les nerfs :
« Il y a eu un certain nombre d'incidents graves, dont un décès, qu'on suppose être un meurtre... »
La défense antiaérienne et la défense côtière ne font guère de progrès. Quand ce ne sont pas les canons ou les munitions qui manquent, ce sont les instruments. Dans un rapport, il écrit :
« Les artilleurs déploient une ingéniosité sans pareille. Ils fabriquent des appareils de visée avec du bois et du chewing-gum, ou des cartes leur permettant de tirer sans instruments... »
Le 18 mai, la D.C.A. britannique abat un avion de reconnaissance de la Luftwaffe au-dessus de la mer. Le pilote et l'observateur sautent en parachute. Une barque crétoise, qui pêche au large, les recueille et ses deux patrons font astucieusement semblant d'être favorables aux Allemands.
Ils jouent bien leur rôle. Persuadés d'avoir affaire à des sympathisants qui vont les cacher, les deux Allemands leur révèlent que l'attaque générale est pour le surlendemain.
Dès qu'ils sont à terre, les pêcheurs n'ont rien de plus pressé que de remettre leur prise à la gendarmerie grecque et Freyberg est informé.
Le général fait renforcer le dispositif d'alerte, et le mot code « Cromwell » de mise en garde est diffusé dans toutes les unités.
Le 19, celles-ci comprennent environ 41 500 soldats de quatre nationalités : britanniques (17 000), néo-zélandais (7 700), australiens et grecs (10 300).
En guise d'artillerie, Freyberg dispose, pour accueillir les Allemands, d'un certain nombre d'obusiers de 98 mm et de mortiers de 76 mm qui peuvent faire des dégâts. Wavell lui a fait parvenir 9 canons français ou italiens pris à l'ennemi en Egypte, mais mal fournis en munitions.
L'île manque de défenses aériennes suffisantes pour repousser l'attaque et protéger les appareils de la R.A.F. sur les aérodromes crétois. La R.A.F. fait piètre figure. Il y a là de tout : avions-torpilleurs Sworfish et chasseurs Fulmar de l'aviation embarquée, les 14 Blenheims, les 14 Gladiators (dont une moitié endommagée) et les 6 Hurricanes rescapés d'Argos. L'Egypte détache encore à Héraclion et à Malème 9 Blenheims. C'est ce sur quoi peut compter l'air-maréchal Long-more, au total.
néo-Zélandais en crète pendant la deuxième guerre mondiale
DCA britannique en Crète pendant la seconde guerre mondiale
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