Un entraînement impitoyable

Les parachutistes allemands sont un corps d'élite comme on en connaît peu.

Les plans stratégiques et tactiques sont du général Löhr, chef de la Ive flotte de la Luftwaffe. Il commande les 8e et 11e corps parachutistes (ce dernier étant confié, pour les opérations, au général Student).
Il s'agit de réunir dans le sud de la Grèce et les îles un millier d'avions, dont cinq cents de transport et, outre les parachutistes, de lancer ou faire atterrir à Malème, Rethymno et Héraclion en un seul jour, une division de montagne renforcée et un régiment d'assaut.
Les parachutistes allemands sont un corps d'élite comme on en connaît peu. Leur nature amphibie en fait à la fois la fleur de la Wehrmacht et de la Luftwaffe. Leur « code d'honneur » :
Sois discret et incorruptible. Les hommes agissent, les femmes bavardent : bavarder te conduirait à la tombe.
Cultive la camaraderie de tes compagnons, car vous mourrez ou triompherez ensemble.
Le calme, la prudence, la réflexion, la résolution, la valeur militaire et la volonté fanatique d'agir offensivement, te rendront supérieur dans la bataille.
Face à l'ennemi, la chose la plus précieuse, ce sont les munitions. Celui qui tire simplement pour se rassurer manque de cran. Il ne mérite pas le titre de chasseur parachutiste.
Ne te rends jamais : -vaincre ou mourir est ta devise.
Tu ne peux vaincre qu'avec de bonnes armes. Soigne-les en appliquant le principe : mes armes d'abord, moi ensuite.
Tu dois connaître l'essentiel de chaque opération afin de pouvoir continuer à agir intelligemment si ton chef est tué.
Bats-toi chevaleresquement contre un adversaire honorable : les francs-tireurs ne méritent aucune pitié.
Tes yeux bien ouverts, agile comme un lévrier, résistant comme du cuir, dur comme de l'acier Krupp, tu sera l'incarnation du guerrier allemand.
Tes yeux bien ouverts, agile comme un lévrier, résistant comme du cuir, dur comme de l'acier Krupp, tu sera l'incarnation du guerrier allemand.
Comme tels, ils subissent un entraînement impitoyable. Quotidiennement, ils passent un long moment suspendus au toit du hangar de leur base, s'exerçant à manoeuvrer « en vol », agitant bras et jambes pour se conformer aux ordres qui leur parviennent du sol. Quotidiennement, on les accroche à un avion qui les traîne sur le terrain pour leur donner l'habitude des atterrissages mouvementés par grand vent. Quotidiennement, ils plient eux-mêmes leur parachute, avec lequel ils sautent d'altitudes diverses et presque par tous les temps. A terre, près de la « cible » un haut-parleur les accueille, tonitruant :
— Relevez-vous rapidement... Relevez-vous rapidement. C'est la chose capitale.
Facile à dire. Ils portent une lourde charge : casque, sac au dos (rations, monnaie du pays, outils, papier hygiénique, préservatifs) et des armes (mitraillette avec plusieurs chargeurs, coutelas pliants, grenades).
Vers la fin de la première semaine de mai, la concentration sur les bases de départ commence. Les bombardiers en piqué et les chasseurs arrivent sur les terrains avancés. Le jour même de l'occupation de Milo, un emplacement de piste est choisi : une fourmilière de spécialistes du génie s'y affaire aussitôt.
Les bombardiers lourds et les appareils de reconnaissance s'installent, par escadrilles successives, sur l'aérodrome de Salonique, en Bulgarie et à Rhodes. Les avions de transport rejoignent les aéroports du Péloponnèse et de l'Attique.
Les contingents parviennent à pied d'oeuvre à Corinthe, Tripolis, Eleusis et au Phalère.
bataille de crète
parachutistes allemands en 1941
parachutistes allemands vers la Crète
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