Echec des contre-attaques à Malème

Mais le roi de Grèce est sauvé...

Paras allemands en Crète en 1941
La contre-attaque tardive des Néo-Zélandais et des Australiens sur Malème, dans le courant de la nuit, se heurte à des positions allemandes organisées en profondeur. Ramcke a profité de son répit. Néanmoins, les Maoris disposent de trois chars et les pertes allemandes sont supérieures à celles des Britanniques.
Aux premières lueurs de l'aube, la situation achève de se gâter pour ceux-ci : les blindés sont en butte aux attaques de la Luftwaffe, qui les met en difficulté du côté de Pirgos. L'un des chars tombe en panne de chenillette, et son canon s'enraye. Un autre char est endommagé, son équipage blessé. Laisser progresser le troisième tout seul équivaut à le sacrifier. C'est l'échec définitif.
Les bataillons australiens ratissent la plaine littorale de La Canée de leur mieux, et font des prisonniers dont le colonel Sturm. Les instructions dont on le trouve porteur annoncent un nouveau parachutage de 1 500 hommes à l'est et à l'ouest du terrain d'aviation.
Des forces sont dépêchées pour les attendre. Mais les deux lâchers se trouvent décalés de près de 7 kilomètres à la suite d'une erreur providentielle pour les Allemands.
Campbell ordonne au 22e Néo-Zélandais d'expulser les deux groupes de Ramcke. Mais sans canons, impossible d'attaquer frontalement la position.
Campbell ordonne alors une attaque latérale pour 18 heures : 200 Grecs avancent par un lit de torrent desséché, 40 Australiens chargent par une autre ravine, de manière à encercler l'usine où sont établis les Allemands. Mais ils sont arrêtés à 50 mètres du but par un feu d'enfer, et doivent se replier.
Parachutistes allemands à Héraclion en 1941
A Héraclion, les Grecs contiennent les Allemands par de farouches combats de rues. Le capitaine de vaisseau Mac Donald trouve « admirable le courage et l'ingéniosité des Grecs » qui se battent comme des acharnés, assommant au besoin les Allemands sous des meubles jetés par les fenêtres au bon moment. Les hommes du groupe « Mars » battent en retraite. La ville est nettoyée.
Cependant, la R.A.F. demeurant absente du ciel, il est impossible d'endiguer le flot des parachutistes et des troupes aéroportées que déverse la Luftwaffe dans son va-et-vient entre l'île et le continent.
Dans l'après-midi, la petite caravane du roi descend les gorges étroites des montagnes Blanches, versant sud, suivant le lit d'un torrent encaissé, encombré de blocs gigantesques, qui roule ses eaux en grondant vers la Méditerranée. Quand la nuit tombe, des heures durant, Blunt et Turle lancent vers le large, au hasard, des S.O.S. optiques, espérant qu'ils seront captés par un vaisseau de Cunningham. A 1 heure du matin, un navire invisible répond au flash. Il parait hésiter à s'approcher de la côte.
Turle et Harold Caccia s'offrent à effectuer une reconnaissance en caïque. L'embarcation s'éloigne, au son du moteur qui tousse. Puis, le teuf-teuf s'éteint dans l'éloignement. Une heure s'écoule. L'angoisse étreint les fugitifs qui sur la plage, écoutent... écoutent... L'obscurité semble avoir englouti à jamais l'amiral, le secrétaire de légation et leur esquif. Enfin, le zaccato du deux-temps renaît et se précise. On ne voit toujours pas le caïque. mais il approche. Sa proue surgit en fin de la nuit, à portée de voix du rivage. Le roi, le gouvernement et son escorte se trouvent sous la protection de la Royal Navy. A l'aube, ils débarquent à Alexandrie.
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