23 Mai... Quatrième jour de combat en Crête et à Kastelli

Prisonniers et Britanniques font le coup de feu ensemble, de pan de mur en pan de mur

Au quatrième jour des combats, aiguillonnée par Churchill qui tempête, la R.A.F. réapparaît en Crète. Des Hurricanes et des Blenheims s'envolent d'Afrique et traversent la mer.
En chemin, ils essuient le feu de navires britanniques qui les prennent pour des ennemis, puis, sur le point d'atterrir à Héraclion, alors que les réservoirs des chasseurs sont pratiquement vides, ils tombent en pleine attaque de Stukas. La situation est intenable, le terrain pratiquement inutilisable. Ni outils ni personnel pour réparer. Dans ces conditions, une seule solution : regagner l'Égypte en essuyant le moins de pertes possible.
Le pilonnage d'Héraclion se poursuit tout aussi inlassablement. Chappell est obligé d'ordonner l'évacuation de la population.
A l'extrémité ouest de l'île, au petit port de Kastelli, les élèves de l'école de cadres militaires grecs, commandés par un major néo-zélandais, T. Bedding, défendent la place avec acharnement. Mais ils n'ont que 600 fusils, et 3 cartouches par homme. Les autres : des couteaux de chasse, des haches, des faux ou de vieux tromblons de chasse à silex.
« Ces hommes simples et braves nourrissent un patriotisme farouche. Une sorte de loi du sang primitive subsiste parmi eux. Ils n'hésitent pas à tuer quand leur honneur est en jeu, et l'opinion publique les approuve.
« Les gendarmes, détestés parce qu'ils interdisent la pêche à la dynamite, constituent la seule unité bien armée et bien disciplinée... »
... Et à présent, la dynamite des pêcheurs sert à fabriquer des grenades, comme au cinéma dans les westerns.
Quand les parachutistes du 2e régiment d'assaut s'élancent à l'assaut de Kastelli, pas un ne réchappe.
Les Stukas survolent alors la petite ville, choisissant leurs objectifs. Une bombe atteint la prison, dont les détenus s'échappent par une brèche : c'est pour sauter sur les armes des morts allemands.
Bedding et un autre officier qui sortent de leur abri au même moment les rencontrent. Les prisonniers s'imaginent que les deux Britanniques désertent. Ils les arrêtent et menacent de les fusiller sur place. Deux autres officiers anglais, Yorke et Campbell, essaient de persuader les bagnards qu'il y a malentendu. Comme ils parlementent, les Allemands du major Schaette envahissent la localité. Chacun saute sur ses armes, ce qui remet les choses en ordre.
Prisonniers et Britanniques font le coup de feu ensemble, de pan de mur en pan de mur. Les Allemands amènent un canon antichars. Rien n'y fait. A la nuit, le combat se poursuit toujours.
Invasion de la Crète par les parachutistes allemands
Parachutistes allemands en 1941
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