Bilan de la première bataille de Cassino

A la mi-février 1944, l'espoir d'une prise rapide de Rome s'était évanoui

La première bataille du mont Cassino était terminée ; elle se soldait par un incontestable succès défensif des Allemands. A bien des égards, la bataille avait rappelé les engagements de la première guerre mondiale. Dans un terrain montagneux ou détrempé par les inondations et les pluies constantes, le fantassin, généralement privé de l'appui des blindés, s'était de nouveau trouvé seul, face aux barbelés, aux mines, au tir des mitrailleuses et au feu de l'artillerie. Déjà, par son aspect lunaire et désolé, le terrain de Cassino ressemblait aux champs de bataille de Verdun ou de la Somme.
L'échec coûteux des Alliés ne s'explique pas seulement par les difficultés du terrain et les intempéries, mais également par des erreurs tactiques. Ce fut une faute grave d'échelonner les attaques dans le temps et dans l'espace. Certes, l'offensive britannique sur le Garigliano ébranla le dispositif allemand et obligea Kesselring à rameuter ses réserves d'Italie centrale, permettant ainsi le succès du débarquement d'Anzio. Mais, après avoir stoppé l'offensive britannique, le commandement allemand eut le temps de distraire la 90' division de grenadiers panzers et de l'envoyer dans le secteur des monts Cassino et Cairo, où elle contribua à rétablir une situation difficile. Une attaque simultanée sur trois points à la fois aurait probablement permis d'arracher la décision. Enfin, malgré un temps exécrable, le commandement allié eut le tort de s'hypnotiser dans une attaque massive et frontale du Cassino.
Quoi qu'il en soit, à la mi-février, le pessimisme s'emparait des états-majors alliés. L'espoir d'une prise rapide de Rome s'était évanoui, d'autant plus que l'opération « Shingle », après une réussite initiale, sombrait à son tour dans l'enlisement.
Soldats britannique vers Cassino
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