Budapest assiegée

Sur l'ordre formel de Hitler, les Allemands sont restés....

Au lendemain de Noël 1944, les IIe et IIIe fronts d'Ukraine avaient terminé l'encerclement de Budapest. Le fait que quatre divisions allemandes et deux divisions hongroises du 9e corps S.S. de montagne eussent été ainsi prises au piège dans la ville ne résultait pas tellement d'une stratégie brillante. Il avait fallu aux Russes presque un mois et demi pour accomplir cette manoeuvre et il est certain que, jusqu'au 23 décembre, les assiégés auraient pu effectuer une sortie et même encore le 25 et le 26.
Si la garnison était restée à Budapest, c'était pour une bonne raison : l'ordre formel de Hitler. Il n'y avait là rien de nouveau. Depuis longtemps la carte de la Russie occidentale avait été constellée d'une suite de « citadelles » semblables qui étaient déjà tombées. Mais jamais depuis Stalingrad, Hitler n'avait accordé autant d'importance à une place. Juste avant Noël, le chef de l'O.K.H., le général Guderian, avait craint que le Führer ne dégarnît l'Ardenne pour renforcer Budapest. Pendant les deux mois et demi qui suivirent, tandis que le gigantesque rouleau compresseur soviétique avançait dans l'Allemagne du Nord et les Karpates, l'attention de Hitler n'avait cessé d'être attirée par Budapest et le Danube, comme si garder ces positions pouvait lui permettre un jour de retourner la situation.
En décembre, Hitler déclara que la perte de Budapest diminuerait de moitié les résultats d'une victoire dans l'Ardenne. Ce disant, il découvrait une partie de son jeu : il se battait pour le prestige et désirait, une fois de plus, retenir l'attention du monde, provoquer un choc. En décembre, c'est ce qu'il avait déjà fait à l'Ouest. Il allait maintenant essayer à l'Est, c'était certain, et l'armée Rouge allait précisément lui en donner l'occasion avec Budapest.
1944- Budapest assiégée
soldats allemands en Hongrie en 1945
suivant