Les forces en présence

Le système de défense aérienne de l'Angleterre était le meilleur du monde

La Manche, un ennemi de plus
La Luftwaffe était prête et entraînée pour une guerre tactique d'une année, au terme de laquelle serait assurée la pérennité du Reich pour au moins mille ans. La confiance était telle que Goering, par mesures d'économies fit annuler la plupart des programmes de développement des avions de la seconde génération et qu'entre 1940 et 1944, seuls quatre types d'avions nouveaux entreront en service dans la Luftwaffe, avec, d'ailleurs, des fortunes diverses. Dès le 13 août, la Luftwaffe fut confrontée à une guerre stratégique. Celle qu'elle aura à mener en Russie sera encore bien plus terrible.
Progressant, sur le terrain, aux côtés des unités de bombardement, les escadres de chasse allemandes furent toujours en mesure, en mai-juin, de tendre un rideau efficace entre les bombardiers et les chasseurs français. Ce fut moins le cas au-dessus de l'Angleterre. Aux faiblesses inhérentes de l'aviation allemandes vinrent s'adjoindre d'énormes erreurs tactiques.
Les escadres allemandes étaient disséminées de la Norvège au Cotentin. Les rendez-vous entre chasseurs et bombardiers étaient fréquemment manqués et ces derniers se retrouvaient seuls au-dessus de leurs objectifs.Après en avoir envoyé 32 Stukas au tapis dans la seule journée du 18 août, la R.A.F. contraignit la Luftwaffe à les retirer de son inventaire de première ligne.
Les Bf 109 ne possédaient pas une autonomie suffisante pour aller au-delà de Londres et livrer bataille. Les raids durent donc être limités dans leur portée à la côte sud-ouest. Quant aux Messerchmitt Bf 110, si eux possédaient effectivement l'autonomie suffisante, ils étaient d'une classe inférieurs aux Spitfire et Hurricane qui les attendaient et incapables de se défendre seuls. Dans un premier temps, le Haut-Commandement imagina de faire protéger les 110 par des 109, puis il se résolut à ne plus les employer du tout.
Un manque de coordination patent entre les vagues de bombardement, dès le premier jour, le jour de l'Aigle joua en faveur de l'aviation britannique. Plusieurs heures s'écoulaient entre les attaques répétées des terrains anglais. Les chasseurs de la R.A.F. avaient, dans ces conditions, tout loisir d'être ravitaillés et réarmés pour attendre la seconde vague.
L'effet de surprise ne pouvait plus jouer
Les Allemands n'ignoraient rien du radar. Ils possédaient même une certaine avance technique... Cependant, au point de vue organisation, les Britanniques compensèrent largement leurs faiblesses techniques. Au contraire des Allemands, plus enclins à l'attaque qu'à la défense, ils avaient immédiatement saisi l'importance d'un tel moyen de détection.
En Angleterre, l'effet de surprise ne put jouer en faveur des Allemands. A peine ceux-ci avaient-ils pris l'air, qu'outre-Manche, on était déjà averti de l'importance du dispositif et de la direction qu'il prenait. Il ne restait plus au Fighter Command qu'à concentrer tous les chasseurs disponibles ou au contraire refuser le combat. Les manoeuvres dilatoires n'avaient plus prise sur la R.A.F.
La Luftwaffe tenta bien dès les premiers jours de réduire à néant ces maudits mâts radar. Ils y parvinrent en plusieurs occasions, malgré la petite dimension des objectifs. Un subterfuge fort habile conforta les Allemands dans leur croyance en l'invulnérabilité des mâts radar. La station de Ventloo fut rasée le 12 août, mais dès le lendemain les britanniques plantèrent dans le sol de simples poteaux imitant en tous points les mâts radar. Cette erreur fut funeste pour la Luftwaffe qui se détourna de ces cibles prioritaires, d'une importance vitale pour la R.A.F. et qui constituaient son talon d'Achille.
défense aérienne à londres en 1940
spitfires sur la manche
radar en 1940 pendant la bataille d'Angleterre
Une énorme supériorité numérique
Goering, le commandant en chef de la Luftwaffe, s'attendait à détruire, en quatre jours, la chasse britannique en Angleterre méridionale et la totalité de la R.A.F. en deux à quatre semaines. Lui, au moins, se montrait logique : si la Luftwaffe réalisait tout ce qu'on attendait d'elle, « Otarie » deviendrait inutile. De fait, le 5 septembre encore, 'il ne s'intéressait pas aux préparatifs d' « Otarie » parce qu'il ne croyait pas que l'opération aurait jamais lieu. L'énorme supériorité numérique de la Luftwaffe sur la R.A.F. semblait justifier sa confiance. Mais cet avantage fut contrebalancé par le radar et par le soudain changement d'objectif de l'offensive aérienne allemande au cours de la bataille d'Angleterre.
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