Les as des deux camps

Il y avait des as farouches et efficaces dans chaque camp

Les As des deux camps
La R.A.F. et la Luftwaffe possédaient chacune un as des plus farouches et des plus efficaces de la mise à mort qui soient; l'Anglais R.R. Stanford Tuck, était un garçon efflanqué et rougeaud. Il s'était engagé dans la R.A.F. en 1935, après s'être initié, tout jeune, à l'art de la poursuite en chassant le cerf en Écosse et le canard dans les marais du Sussex, son comté natal. Lors de la retraite de Dunkerque, Tuck avait abattu 8 avions allemands en quatre jours. Il accumula les succès en juillet et août; en novembre, 25 victoires figuraient à son tableau de chasse.
Outre le don mystérieux qui lui permettait de devancer l'ennemi, Tuck savait diriger une formation, protéger les pilotes les moins sûrs, guider les novices, ramener ses avions sains et saufs après la bataille.
Du côté allemand, on trouvait le non moins redoutable Werner Môlders, aviateur superbe, aux initiatives inédites. En Espagne, il avait enseigné à ses camarades l'art de voler en formation espacée. Cette tactique causa d'énormes ravages en 1937 dans l'aviation républicaine, et se révéla extrêmement efficace contre les néophytes de la R.A.F., lors des premiers engagements. Môlders était l'adversaire implacable des Anglais et de quiconque se mettait en travers des plans de Hitler. Il ne faisait pas de quartier. En novembre, il avait à son actif 45 avions ennemis, ce qui fit de lui le super­champion de l'Allemagne et le soldat le plus décoré.
Douglas Bader, commandant d'une escadre de Spitfire, était aussi l'un des as qui volaient dans le ciel de la Manche. Bader se montrait sans pitié pour les Allemands. A chaque rencontre, il fonçait sur l'adversaire avec une froide et féroce précision. «Je ne suis pas, disait-il, de ceux qui considèrent la guerre comme une partie de criquet; on ne se tire pas dessus pour se serrer ensuite la main.»
Bader était entré dans la R.A.F. en 1930 comme élève officier; dix-huit mois plus tard, il perdait les deux jambes dans un accident d'avion. Réformé, il avait appris à se servir de jambes artificielles, réussissant même à jouer au golf. En 1939, dès la déclaration de la guerre, il parvint à reprendre du service dans la R.A.F., et cet aîné surprit ses cadets par son agilité. Sa détermination et son habileté comme pilote et comme combattant lui valurent l'estime de ses adversaires à tel point que, lorsqu'il fut abattu au-dessus de la France et fait prisonnier en 1941 — après avoir descendu 23 avions — les Allemands lui firent parachuter par la R.A.F. une jambe artificielle pour remplacer celle qu'il avait perdu en s'écrasant avec son appareil au sol.
as de la bataille d'Angleterre
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