Opérations préliminaires

Un avion pour un vaisseau. Un homme pour dix ennemis. Un homme pour un char..

debarquement sur okinawa
Les forces terrestres de Buckner étaient composées des éléments suivants : deux corps à deux divisions chacun, le 24e (général Hodges, armée de terre) et le 2e amphibie général Geiger, marines), plus trois autres divisions : la 2e de marines et les 27e et 77e d'infanterie. Ce qui représentait 154 000 hommes auxquels il faut ajouter ceux d'autres unités pour arriver aux 183 000 constituant les seules troupes de débarquement. Quant au total général des effectifs engagés dans la bataille à Okinawa, il devait dépasser le chiffre de 500 000 hommes.
Les I 457 bâtiments qui prirent part à l'affaire d'Okinawa venaient de onze ports, de Seattle à Ulithi, de Leyte aux Salomon. Il y avait là 430 navires d'assaut pour assurer le transport des 183 000 hommes de Buckner (soldats et marines) et 106 navires de la tank force de porte-avions rapides avec près de 1 000 avions. Les Britanniques, de leur côté, avaient fourni 22 navires et 244 avions dont la mission serait essentiellement de neutraliser les îles Sakishima, à 150 milles au sud-ouest d'Okinawa, d'où l'on redoutait le départ de missions-suicide.
Pour chacune des unités engagées, Okinawa représentait le couronnement de quatre années de guerre dans le Pacifique : la dernière étape avant le Japon.
L'expérience de la résistance fanatique d'Iwo Jima était encore présente dans toutes les mémoires et l'on s'attendait à rencontrer à Okinawa une opposition tout aussi féroce. La Xe armée avait de ce fait prévu de lourdes pertes pour le débarquement sur les plages de l'est, fixé au dimanche de Pâques qui se trouvait tomber le 1er avril.
ébarquement-okinawa-1945
Les opérations préliminaires semblèrent précisément justifier cette crainte. Le 16 mars, après s'être ravitaillé au large, Spruance s'était dirigé à toute vitesse avec ses porte-avions rapides sur Kyu Shu. Le 18, dans la matinée, deux porte-avions avaient été endommagés par des avions-suicide basés sur les terrains de l'île que l'amiral s'efforçait de neutraliser. Le 19, un bombardier nippon, piquant des nuages, à 600 mètres, avait lancé deux bombes sur Id Franklin, dont le pont était, à ce moment-là, encombré d'appareils munis des nouvelles fusées de 304,8 mm Tiny Tim. Le désastre avait été sans précédent : pendant près de quatre heures, l'énorme bâtiment, immobilisé, avait donné de la bande, tout secoué d'explosions et ravagé d'incendies. Des efforts héroïques avaient permis de sauver le navire, mais on avait à déplorer la perte de 772 hommes d'équipage. Le même jour, un autre .porte- avions, le nouveau Wasp, avait été touché par une bombe et avait perdu 302 hommes.
Quant à la flotte de bombardement (qui devait lancer 13 000 obus sur Okinawa avant le débarquement), elle avait eu à subir l'assaut de nombreux kamikazes : un cuirassé, un croiseur, quatre destroyers et six autres bâtiments avaient ainsi été atteints par les avions-suicide avant qu'un seul Américain eût mis le pied sur l'île.
Le général Ushijima avait décidé de ne pas résister sur les plages. Il avait massé la majeure partie de ses troupes au sud de l'île, gardant une vingtaine de kilomètres (Okinawa en compte une centaine) de l'autre côté du fort de Shuri. Les Américains débarquèrent donc sans coup férir, ou presque, si bien qu'au soir de cette première journée, 50 000 soldats et marines avaient solidement pris pied sur le rivage.
Le mot d'ordre japonais : « Attaquer partout et toujours, quelles que soient les conditions, sans tenir compte des chances réelles de succès », s'était révélé désastreux aux îles Salomon et en Nouvelle-Guinée. De même, la théorie des « défenses inexpugnables » et de l'arrêt des débarquements ennemis sur les plages s'était effondrée devant la puissance des assauts américains — aériens, maritimes et terrestres — aux Gilbert, aux Marshall et aux Mariannes. C'est pourquoi les Japonais finirent par adopter un système de défense consistant à tenir le plus longtemps possible et à infliger à l'ennemi le maximum de pertes.
Les garnisons des derniers bastions reçurent l'ordre de se retrancher, de s'enterrer, de se préparer à une très longue résistance et d'épuiser le potentiel offensif des Alliés. Nouveau mot d'ordre qui trouvait son expression dans la devise de la XXXIIe armée : Un avion pour un vaisseau. Une vedette pour un navire. Un homme pour dix ennemis. Un homme pour un char..
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