La mort des généraux

Ils ne meurent pas tous dans leur lit

A midi, Simon Bolivar Bruckner se porta en avant pour observer une nouvelle unité de Marines qui allait participer au combat ; comme il redescendait de son observatoire, un obus japonais explosa au-dessus de lui sur un monticule de corail ; un éclat de corail ébréché alla se loger dans la poitrine du général et le tua.
Les derniers ordres d'Ushijima demandaient à ses hommes de « lutter jusqu'au bout et de mourir pour l'éternelle fidélité à l'empereur », mais non en une charge suicide; il conseillait aux survivants de traverser en vêtements civils les lignes ennemies et de se joindre, au nord de l'île à de petits groupes de guerilla.
Le lendemain à midi une explosion secoua l'entrée nord de la cave d'Ushijima. Il envoya un message d'adieu au quartier général impérial, ajoutant qu'il quittait la vie « sans regret, ni crainte, ni honte, ni obligations ». Tard dans l'après-midi Ushijima et Cho s'agenouillèrent cérémonieusement. Cho inclina la tête et un capitaine abaissa son sabre mais pas assez fort; un sergent se saisit de l'arme et rompit la colonne vertébrale; « Les gens d'Okinawa doivent me détester », dit Ushijima avec regret en se dénudant et en s'ouvrant le ventre. Sept membres de son état-major se suicidèrent.
mort de Bruckner
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