L'heure de vérité

les Japonais offrirent une ultime résistance.

A la fin du mois de mai, le meilleur des forces d'Ushijima avait été détruit. Les 62e et 24e divisions n'existaient pratiquement plus, de même que la 44e brigade mixte autonome. Déjà, les Américains avaient décompté 62 548 Japonais tués, la plupart dans le secteur de Shuri, sans parler de ceux qui étaient tombés dans le nord ni des 5 000 du secteur de Shima (où un grand terrain d'aviation avait été aménagé depuis le débarquement).
Le général Ushijima décida alors d'évacuer Shuri. Dans les derniers jours de mai, les survivants décrochèrent habilement vers le sud et s'établirent sur une nouvelle ligne à Yaeju Dake et Yazu Dake.
Une pluie dense couvrit le retrait d'Ushijima de Shuri rendant la marche difficile, surtout pour les blessés. Le mouvement ne fut repéré par les Américains qu'au bout de vingt-quatre heures et dès lors l'artillerie navale commença à interdire les routes, mais les Américains ne crurent pas à une retraite et n'entrèrent que prudemment dans Shuri en ruines le dernier jour de mai. La château de Shuri qui avait été bâti en huit ans par 10 000 ouvriers était à peu près totalement détruit. Le général Bruckner était ravi que l'ennemi ait abandonné la formidable ligne de défense, mais Ushijima en avait trouvé une autre à 9 kilomètres au-dessous de Shuri ; c'était un escarpement de corail dominé par deux collines, Yuza-dake et Yaeju-dake et qui coupait comme un mur presque toute la partie sud d'Okinawa. Là, le dos à la mer, les Japonais offriraient une ultime résistance.
Le 1" juin, les Américains commencèrent à se rapprocher lentement ; la boue était épaisse, empêchant les mouvements de tanks et ce n'est que le 10 juin que l'attaque fut lancée sur Yaeju. Ushijima n'avait pour ainsi dire pas d'artillerie pour contenir l'adversaire et, les Américains consolidèrent aisément leurs positions. Le 13 juin, toute la moitié est de la crête commençait à céder. Cela devint bientôt un combat souterrain au cours duquel les Américains poursuivaient leurs proies à la grenade et au lance-flammes. Le 17 juin, l'armée d'Ushijima était dispersée et désorganisée; toute discipline avait disparu et les survivants défiaient leurs officiers, se battaient pour les vivres et l'eau, tuaient et violaient les civils. Dans son trou sous une falaise à pic, près du bout de l'île le général Ushijima attendait stoïquement la fin. Il venait de lire une offre de reddition envoyée par Bruckner et lancée derrière les lignes. Ushijima sourit faiblement tandis que Cho éclatait d'un rire convulsif.
attaque des marines à Okinawa en 1945
japonais blesse en 1945 à Okinawa
marines-okinawa-1945
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