Les attaques spéciales

1 900 missions-suicide lancées pendant la bataille d'Okinawa

Ce fut, en fait, à Okinawa que les pilotes des tokko tai (attaques spéciales) fournirent leur effort maximum. Plusieurs navires avaient été touchés au cours de l'avance sur Okinawa et des attaques des porte-avions contre le territoire japonais métropolitain. Les 6 et 7 avril, comme prélude à la dernière sortie du cuirassé Yamato, les kamikazes se déchaînèrent contre les navires américains au large d'Okinawa. Près de 700 appareils avaient quitté Kyu Shu, parmi lesquels se trouvaient 355 avions-suicide (230 de la marine, 125 de l'armée de terre). De ces derniers, plus de 200 allaient être abattus par la tank force des porte-avions rapides, 50 par les avions embarqués et 40 par la D.C.A. Mais 28 d'entre eux atteignirent leur but et s'écrasèrent sur des bateaux américains. Ils en coulèrent trois. Les 12 et 13 avril, on put assister à une opération d'attaque spéciale de grande envergure au large d'Okinawa : 185 kamikazes endommagèrent 14 navires de guerre américains. Le 12, un destroyer fut coulé et un endommagé par une nouvelle sorte d'avion-suicide
La fleur de cerisier était un petit monoplace en bois propulsé par fusées et capable de transporter I 800 kg d'explosif. Amené à une vingtaine de kilomètres de l'objectif par un bombardier bimoteur, il était alors lâché pour fondre sur sa cible et profitait de l'accélération de ses trois fusées. Lancé d'une altitude de 6 000 mètres, il avait une portée de 32 kilomètres. En arrivant dans le secteur de l'objectif, le pilote de l'Ohka passait par la soute à bombes de l'avion porteur et s'installait dans son étroit habitacle. Une fois le but vérifié et les coordonnées de celui-ci données au pilote, ce dernier actionnait la commande de largage et partait seul pour sa mission. Les Américains avaient donné à ces engins le surnom de Baka (stupide, en japonais). Quarante à cinquante de ces bombes pilotées avaient été amenées de Kanoya pour attaquer les navires ennemis à Okinawa. La plupart de ces engins furent détruits avant même d'avoir atteint la zone de l'objectif et d'avoir été largués de leur avion porteur. Mais quelques-uns atteignirent leur but : en plus des résultats obtenus le 12 avril, les Ohka endommagèrent un destroyer le 4 mai et un autre le 11.
Sur I 900 missions-suicide lancées pendant la bataille d'Okinawa, 14,7 de celles-ci avaient obtenu un résultat. Le pourcentage était inférieur à celui de la bataille des Philippines, mais comme le nombre des avions engagés était supérieur, il y eut, en fin de compte, beaucoup plus de bateaux atteints. Quelque 25 navires alliés furent ainsi coulés, aucun de taille supérieure à un destroyer, 157 furent endommagés par des coups au but et 97 par des coups à proximité. Ceux qui eurent le plus à souffrir furent les petits bâtiments postés en surveillance radar, à 50 milles au nord d'Okinawa. Ceux-ci (destroyers, escorteurs et canonnières) restèrent bravement à leur poste pendant les attaques, qui furent terribles. Il y eut, au milieu d'avril, une période pendant laquelle plus d'un officier de marine américain put croire que les kamikazes parviendraient à empêcher le débarquement.
kamikaze-okinawa-1945
fleur de cerisier- okinawa-1945
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