L'instant ultime du choc...

Garder les Yeux ouverts !

De la signature de leur engagement à leur mort différée mais inéluctablement programmée, plusieurs semaines pouvaient s'écouler. Les volontaires, parmi lesquels nombre d'étudiants n'ayant souvent reçu qu'une instruction de base du pilotage effectuaient un stage spécial d'une semaine : deux jours pour le décollage avec une bombe de 250 kg, deux jours pour le vol en formation et trois jours pour l'approche et l'attaque. Une grande importance était accordée à la préparation mentale d'un sacrifice dont l'unique justification était l'efficacité, sinon l'utilité, exigeant de celui qui l'accomplissait parfaite lucidité, paix du coeur et maîtrise de soi. L'accent était alors mis sur la nécessité absolue de rester les yeux ouverts jusqu'à la « rencontre » avec l'objectif, car une fraction de seconde d'abandon pouvait la faire échouer. On apprendra que les kamikazes s'interrogeaient beaucoup sur les possibilités de contrôle de cet instant ultime.
Puis un soir le commandant de la base leur annonçait que « c'était » pour le lendemain à l'aube. Leur dernière nuit et la dernière lettre - conformiste et parfois critique du régime militariste aux parents. Au petit jour, après l'habituel briefmg, ils sont tous là, en tenue de vol... avec en plus le sabre de samouraï au côté, et sur la tête l'écharpe blanche frappée du soleil levant de ceux qui vont mourir. Le commandant de la base offre à chacun une coupe de saké, tous s'inclinent en direction de l'empereur avant de s'élancer vers les appareils sous les acclamations de leurs camarades.
kamikaze contre porte avion
suivant