La bombe volante

Les Américains vont baptiser cette bombe " le fou "

A la fin de 1944, quatorze escadrilles de Kamikaze avaient rempli leur mission en précipitant leurs appareils sur la flotte américaine de l'amiral Halsey qui était entrée, à la mi-octobre, dans le golfe de Leyte.
Mais les pertes en chasseurs « Zéro » inquiètent les responsables de l'industrie aéronautique japonaise qui risque d'avoir rapidement des problèmes de production. Il faut mettre au point des engins plus faciles à construire et moins coûteux.
Un officier de la Marine, le capitaine de corvette Niki a dessiné le « Jinraï » Coup de tonnerre. Il s'agit d'une bombe volante pilotée, que les Américains vont baptiser « Baka », c'est-à-dire : « Le fou ».
Long de six mètres, le « Jinraï » est de construction entièrement métallique. Son fuselage cylindrique, sur lequel est posée une cabine transparente, contient, dans le nez, mille kilos d'explosifs mis à feu par cinq détonateurs. Cette bombe volante est amenée jusqu'à une quarantaine de kilomètres de l'objectif par un bimoteur « Betty » sous le ventre duquel elle a été accrochée.
Lâché depuis une altitude de sept ou huit mille mètres, le « Jinraï » fonce à plus de 1 000 kilomètres à l'heure, propulsé par trois de ses cinq fusées. Dans sa cabine minuscule, pour son vol vers la mort, le pilote ne dispose que de quatre instruments de bord : un indicateur de vitesse, un altimètre, un indicateur de niveau pour maintenir l'angle de descente et un compas. Mais aussi deux feux : un vert, préparez-vous; un rouge, largage.
Dans les dix derniers kilomètres, grâce aux deux autres fusées, la vitesse approche celle du son. Le pilote choisit l'objectif et pique vers lui sous un angle de cinquante degrés.
Entre le largage du « Jinraï » et la percussion de l'objectif, le Kamikaze n'avait plus que cinq minutes à vivre.
Cinq minutes, mais aussi l'éternité : pour le Japon.
la bombe volante jinraï
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