Un suicide collectif

La 4e division devait faire face à une contre-offensive

Pendant trois jours, les marines se battirent pour la possession du Suribachi et, à 10 h 20, le 23 février, un détachement de 40 hommes s'ouvrit un chemin jusqu'au sommet et y planta le drapeau américain. Mais la chute du Suribachi ne signifiait nullement la chute d'Iwo. Les e et 5e divisions devaient maintenant faire face au nord et se tourner contre la position principale de résistance des Japonais et la sauvagerie des combats des jours suivants montra avec quel soin cette position avait été préparée. L'avance avait été stoppée net ; un combat d'usure, à la baïonnette, au lance-flammes, au fusil, à la grenade avait commencé. Chaque fois que les marines avaient réussi à forcer une position, ils se trouvaient devant une autre, encore plus solide, semblait-il, que la précédente. L'artillerie ne servait à rien et le terrain ne favorisait pas l'emploi des chars. Pour se soustraire au barrage roulant de la marine, les Japonais collaient autant qu'ils le pouvaient aux premiers échelons américains. Leur camouflage était si parfait que, parfois, ils se laissaient dépasser par les assaillants et retenaient leur tir aussi longtemps que possible pour ne pas se révéler. A J + 10 il devint évident que les pertes des forces américaines étaient aussi importantes que celles des Japonais. Certaines unités étaient réduites à la moitié de leurs effectifs.
Ce n'est qu'à J + 18, le 9 mars, que la percée finale jusqu'à la côte, au nord-est de île, fut réalisée par des patrouilles de la 3e division. Mais, ailleurs dans l'île, la 4e division devait faire face à une contre-offensive qui, si elle ne revêtait pas la forme d'une vraie charge banzai; n'en constituait pas moins un suicide collectif. Les morts étaient trouvés en monceaux ; là 650, entassés en un même endroit, plus loin 800. En aucun point, pourtant l'avance des marines n'avait été stoppée ; ils étaient maintenant engagés dans les opérations de nettoyage. C'est au cours de cette phase que l'on découvrir l'organisation défensive réalisée par les Japonais : un extraordinaire lacis de souterrains enchevêtrés, des séries de points d'appui enterrés.
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