Un attendrissement de soixante-douze jours

Le plus long et le plus violent bombardement de la guerre du Pacifique

Une fois les objectifs fixés, les marines commencèrent un entraînement accéléré : répétition de débarquement sur des plages ressemblant autant que possible aux plages d'Iwo Jima, et une montagne rappelant la forme du mont Suribachi, point culminant de l'île, fut prise, reprise et prise encore au cours d'assauts simulés. Pendant ces exercices, l'aviation avait entrepris, le 8 décembre 1944, le plus long et le plus violent bombardement de toute la guerre du Pacifique ; un attendrissement de soixante-douze jours par les B-24 et les B-25.
La marine U.S., elle aussi, dès novembre 1944, déclencha son bombardement et le poursuivit avec quelques pauses jusqu'au 16 février 1945, moment où elle passa au tir de préparation proprement dit. Pendant trois jours, les navires de guerre écrasèrent l'île pour pulvériser, ou, au moins, neutraliser les canons japonais capables de battre les plages.
Le 17 février, deux jours avant la date prévue pour l'exécution du débarquement, des L.C.I. (landing craft infantry : bateaux de débarquement d'infanterie), armés de canons ou de roquettes, s'avancèrent presque jusqu'à la côte pour protéger les hommes-grenouilles chargés de nettoyer les approches de l'île et de vérifier les caractéristiques des plages et de la mer. Soudain, à 11 heures, les Japonais, qui pensaient que c'était le débarquement qu'ils avaient si longtemps attendu, ouvrirent le feu de leurs plus grosses pièces. Les Américains perdirent 170 hommes dans cette opération, mais les hommes-grenouilles revinrent avec une moisson d'informations sur les plages et la mer ; bien plus, en révélant leurs positions si soigneusement dissimulées, les gros canons s'étaient eux-mêmes désignés aux coups qui allaient les détruire.
iwo-jima
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