La chute de Rangoon le 3 mai 1945

Les villes tombaient les unes après les autres...

chute de rangoon en 1945
Au cours des premiers mois de l'année 1945 se développa la bataille pour la Birmanie centrale. Slim, dont l'armée, en plus de ses divisions indiennes et britanniques, comprenait maintenant des troupes venues d'Afrique occidentale et orientale, s'attaqua alors à Kimura — le successeur de Kawabe qui défendait la ligne de l'Irrawaddy.
En février, Slim réussit à occuper des têtes de pont au sud de Mandalay, puis il s'empara de Meiktila, au sud-est. Par cc
mouvement rapide, minutieusement préparé, il avait réussi à mystifier Kimura, qui s'apercevait maintenant que ses voies de communication avec Rangoon étaient coupées et ses armées isolées de chaque côté.
Honda, dont la XXXIIIe armée s'était repliée devant une attaque combinée des forces de Stilwell et des Chinois, avait été envoyé précipitamment à Meiktila pour prendre le commandement des opérations. Il lança toutes ses forces disponibles dans une série d'actions énergiques, mais sans résultat. Et les restes de son armée durent battre en retraite vers le sud-est avec, sur leur flanc droit, la XVe armée, qui ne devait pas tarder à être totalement détruite.
La lutte était maintenant pour Rangoon. Les forces de Slim se dirigèrent vers le sud en deux grandes colonnes : le 33e corps de Stopford par la vallée de l'Irrawaddy et le 4e corps (maintenant commandé par Messervy) le long de la voie ferrée ToungooPegu.
Slim était persuadé que l'ennemi ne serait pas en mesure de l'arrêter sur les deux routes, mais par suite de problèmes de
transport, il dut concentrer sa poussée principale sur celle de gauche. Cette route était la plus courte des deux, et si la poussée de Messervy était victorieuse, d'importantes forces japonaises seraient coupées de leur voie de repli vers le Sittang.
Au cours du mois d'avril, l'avance de Slim sur Rangoon avait acquis un certain élan. Toutefois, il se trouvait dans une position difficile car sa ligne de communication s'étendait maintenant sur quelque 1 600 kilomètres. Jamais elle ne résisterait à la mous-
son, qui était attendue en mai. D'une manière ou d'une autre, Rangoon devait être pris avant les premières pluies. Heureusement, on préparait dans le même temps une opération amphibie depuis Akyab, maintenant aux mains des Alliés, et Ramree, île sur la côte de Birmanie. Si elle réussissait, la tâche de Slim serait considérablement facilitée.
Naturellement, chaque division de la XIVe armée voulait entrer la première dans Rangoon. Et aucune ne le désirait plus ardemment que la 17e division de Cowan, la seule formation en action à avoir pris part à la retraite de 1942.
Cependant, la XVe armée japonaise, dans le désordre le plus total, s'enfuyait à travers les États Chans et la XXXIIIe armée de Honda fut mise en pièces par les colonnes blindées de Cowan alors qu'elle tentait désespérément d'atteindre l'estuaire du Sittang.
Les villes tombaient les unes après les autres ; l'aérodrome de Toungoo avait été pris le 25 avril. La chute de Rangoon était proche.
Comme des tronçons de bois En fait, Rangoon tomba le 3 mai. Et les premières sur les lieux furent les troupes de débarquement qui opérèrent rapidement une jonction avec leurs camarades venus du nord. Ils trouvèrent la capitale vidée de ses occupants.
chute de rangoon en 1945
suivant