La longue retraite

Pour les Britanniques, la guerre se déroulait comme un cauchemar.

Avant même la chute de Singapour, le 15 février 1942, la XVe armée japonaise, commandée par le général Shorjiro Iida, avait traversé la frontière birmano-thaïlandaise et poussé son avance jusqu'au fleuve Sittang.
Devant lui, Lida trouva la 1re division birmane et la 17e division indienne. Et comme il s'y 'attendait après l'expérience de Malaisie, les forces alliées reculaient chaque fois que ses colonnes, par des mouvements tournants, tentaient de les attaquer sur leurs arrières. Il n'y aurait pas de grande bataille avant Rangoon, pensait-il. Mais en fait, lorsqu'il atteignit cette ville, le 8 mars, il découvrit avec surprise qu'elle avait été évacuée. Il comprit alors que la campagne de Birmanie était virtuellement gagnée.
Pour les Britanniques, la guerre en Extrême-Orient se déroulait comme un cauchemar. L'Empire semblait s'écrouler. Et maintenant, en ce printemps de 1942, après la chute de Singapour, bastion réputé imprenable, et l'abandon de la Malaisie, ils devaient considérer la Birmanie comme perdue.
Le général sir Harold Alexander prit alors la direction des opérations en tant que commandant en chef en Birmanie, rejoint bientôt par le général William Slim, de l'armée des Indes, en tant que commandant du Burcorps — c'est ainsi que l'on appelait maintenant les forces terrestres.
Tous deux étaient des soldats de grande valeur. Pourtant, ils ne purent éviter la retraite. Le 23 mars, les dernières unités de la R.A.F. avaient été obligées de se replier aux Indes et d'abandonner le ciel à la 10e brigade aérienne japonaise. A la fin du mois, il fut évident que la ligne de défense sur l'Irrawaddy ne pourrait être tenue et, le 26 avril, Alexander dut reconnaître que la Birmanie était perdue et que son principal objectif, maintenant, était de défendre les Indes. Quelques mois plus tard, il retournait en Europe.
Les Indiens et les Britanniques n'étaient pas les seuls à prendre part aux combats en Birmanie. Sous le commandement du général américain Joseph Stilwell, la Ve armée chinoise avança vers le sud et se battit avec courage à Toungoo. Bourru, fantasque, mais non dépourvu de talent militaire, Stilwell manœuvra avec adresse ses forces chinoises. Mais pas plus que les Britanniques et les Indiens il ne put obtenir de couverture aérienne et dut finalement se replier en Chine. Là, il réorganisa son armée et, en 1944, participa aux opérations qui allaient permettre la réouverture de la route de Birmanie, vitale pour le ravitaillement de la Chine.
L'objectif immédiat des Japonais, en partant en guerre en décembre 1941, avait été d'échapper aux interdictions que les États-Unis maintenaient sur leurs importations de matières premières.
Leur objectif politique officiel était de construire la sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale, englobant les Philippines, les Indes néerlandaises et la Malaisie. La Birmanie devait être occupée pour des raisons stratégiques et économiques, afin de former un flanc protecteur pour les régions conquises et de fournir le riz et le pétrole dont le Japon avait grand besoin.
Les conséquences à long terme de l'occupation d'un pays contigu aux Indes ne semblent pas avoir été étudiées en détail par les généraux nippons ; mais il leur était facile de supposer qu'une fois la Malaisie et la Birmanie perdues, les Britanniques auraient fort à faire pour réprimer les mouvements nationalistes indiens et que, même si l'armée des Indes demeurait loyale, elle ne pourrait en aucun cas être considérée comme dangereuse.
invasion de la birmanie par le japon
japonais en 1942 en Birmanie
occupation de la Birmanie en 1942
suivant