Le pays avant la guerre

En dehors des villes, la vie en Birmanie est très pénible

soldats indiens en birmanie en 1944
L'imagination populaire représente généralement la Birmanie comme un pays entièrement couvert d'une jungle impénétrable. Rien n'est plus faux. De vastes régions de la plaine centrale sont consacrées à la culture du riz et le Nord est couvert de savanes. Dans le Sud, toutefois, se trouvent les forêts épaisses des monts Pegu, entre l'Arakan et les monts Karenni.
Le climat de la Birmanie va d'un extrême à l'autre. Dans les plaines, la chaleur est presque intolérable, et dans les montagnes, les chutes de pluie dépassent parfois 5 mètres ! En Assam, le chiffre de 20 mètres aurait été atteint !... Dans cette chaleur et cette humidité prolifèrent les sangsues et toutes sortes d'insectes dont la piqûre ou la morsure est dangereuse. La malaria, le typhus, la dysenterie et même le choléra sévissent à l'état endémique. En dehors des villes, la vie en Birmanie est très pénible, surtout pendant la mousson.
En 1937, le gouvernement britannique sépara l'administration de la Birmanie de celle des Indes et le pays obtint le statut de colonie de la Couronne. Cette mesure n'en déplut pas moins à certains groupes politiques qui annoncèrent leur intention de combattre pour la liberté. Certains chefs allèrent même jusqu'à se rendre au Japon pour y chercher appui.
Devant la tournure que prenaient les événements, les Britanniques s'interrogèrent pour savoir comment et par qui assurer la défense de la Birmanie. Se basant sur la situation géographique, Londres estimait que le soin en incombait au commandant en chef des forces d'Extrême-Orient. Mais à Delhi, un autre point de vue prévalait : puisque la Birmanie se trouvait à la frontière nord-est des Indes, sa défense devait être assurée par le grand quartier général de Delhi. Les conférences succédèrent aux conférences mais aucun accord ne fut pris. Et finalement, la question de la Birmanie passa au second plan.
Même en août 1940, les chefs d'état-major pensaient que l'invasion japonaise de la Birmanie était une menace trop lointaine pour être prise en considération. Il. fallut la chute de Singapour pour que les yeux s'ouvrissent à la vérité et que la question fût sérieusement examinée. Mais alors, il était trop tard.
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