L'Arakan... Un premier pas mal assuré

La première contre-offensive des Anglais...

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Peu de campagnes d'importance secondaire eurent un plus grand retentissement que l'opération entreprise par les Britanniques pour s'emparer de quelques aérodromes japonais mal défendus, opération qui devait être connue, par la suite, sous le nom de « première offensive de l'Arakan ». Commencée par Wavell comme une action de diversion, le fait qu'elle constitua la première offensive britannique contre les Japonais en fit une opération de prestige. Et cela fut cause que la campagne, de fil en aiguille, se termina par un échec humiliant qui embarrassa sérieusement Churchill dans ses rapports avec les Américains. Les Japonais, à cette occasion, montrèrent une fois de plus qu'ils étaient passés maîtres dans la guerre de jungle et infligèrent une sévère défaite aux forces alliées.
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Le 21 septembre 1942, les Britanniques déclenchèrent leur première contre-attaque en Birmanie contre les Japonais en faisant avancer la 14e division indienne depuis Chittagong, en territoire indien, et, par Cox's Bazar, en direction de la péninsule de Mayu. Leur intention était de se rendre maîtres de la péninsule, puis de s'emparer des aérodromes japonais de l'île d'Akyab. Mais les Alliés ne pouvaient compter que sur une ligne de ravitaillement extrêmement ténue et, de plus, ils n'avaient alors qu'une bien mince expérience de la guerre de jungle. Au moment où leurs forces eurent atteint la ligne Buthidaung-Maungdaw, les Japonais s'étaient fortifiés à l'extrémité de la péninsule et s'apprêtaient à déborder les Britanniques sur le flanc gauche en opérant un « crochet » à travers la jungle. De janvier à mars 1943, les Britanniques se trouvèrent bloqués dans des combats opiniâtres à Donbaik et à Rathedaung.
Fin mars, au moment favorable, les Japonais amenèrent de nouveaux renforts et firent ce que les Anglais auraient dû faire. Ils prirent les monts Mayu par la jungle et attaquèrent leurs adversaires de flanc. Ils tombèrent sur le P.C. d'une brigade et tuèrent le général. La brigade se volatilisa aussitôt.
Pour la deuxième fois en l'espace d'une année, le haut commandement chargea Slim de prendre en main une situation presque désespérée. Cette nouvelle mission se révéla tout aussi impossible que la première. «A la guerre,» devait-il écrire, «on paye ses fautes; dans l'Arakan, nous avons accumulé les erreurs, toujours les mêmes, et nos troupes ont fini par perdre courage.» Cette fois encore, Slim présida à la retraite des Britanniques. Les soldats vaincus rentrèrent en Inde, plus abattus et démoralisés que jamais. Leurs pertes se chiffraient à 2 500 morts, blessés ou disparus. Churchill lui-même jugea l'opération décevante et déshonorante.
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